dégage de ce canapé


tu va devenir énorme à rester là, à rien foutre d'autre que lire

tes bouquins c'est un tas de mensonge... Tu vis dans tes rêves, mais la réalité c'est de la merde!


Comme si je m'en étais pas déjà rendue compte. Pour autant, les livres racontent tout, sauf des mensonges. Le fait même qu'ils racontent des fictions les libèrent de la question de vrai ou de faux. Peut on dire des rêves qu'ils sont vrais ou qu'ils sont faux?


J'aurais du me rendre compte dès le début qu'il m'est impossible de m'entendre où même d'apprécier ceux qui laissent sortir de telles grossièretés de leur bouche...

Les livres m'ont sauvés quand j'ai cru que le monde allait s'écrouler. Une porte de sortie qui ne paie pas de mine. Quelques fibres, un peu d'encre. Mais ils abritent la voix d'un autre, un autre qu'il faut accueillir, un autre qui fait taire un peu votre voix intérieur. A côté du nombre des livres à parcourir, j'avoue que le psy qu'on m'avait collé dans les pâtes paraissait petit, minuscule et surtout dérisoire.

Les livres vous permettent de vous immiscer là où personne ne peut aller, dans la tête de quelqu'un d'autre. Mais tout en respectant sa pudeur justifiée : c'est lui qui tient les clefs, il raconte ce qu'il veut bien nous livrer, et on se prête au jeu.

Les livres ont jalonné mon existence, ils l'ont ponctué de quelques rites vitales, des habitudes rassurantes, de celles que l'on choisies et non de celles que l'on subit. Les livres ont animés mes meilleures discussions et, comme pour un cheval dont on retire les œillères, m'ont faites libre.

Ils ont aussi scellé des amitiés. En faite, on lit comme on tombe amoureux. Dès le départ il faut accepter de ne rien maîtriser et de se laisser surprendre.


J'avoue que ça me rassure d'avoir encore autant de livres à lire.