Je dois vous confesser quelque chose...


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J'ai horreur de tout ces bouquins de coaching qui vous explique comment trouver le bonheur (vous attendiez à quelque chose de plus incroyable et ben non ^^).


Oui un sain dégout je dirais même. Non mais vraiment que croyez vous? Qu'il existe des manuels qui donnent une manière à tous de bien vivre sa vie? C'est réducteur, stupide et ça surfe sur cette vague qui nous dit soyez heureux !


Et ben je dis non. Vive le malheur, la tristesse et la mélancolie. Célébrons le goût salée des larmes sur nos joues, la suave caresse de l'amertume.

Le bonheur pour faire quoi? Un bonheur idiot en culotte courte qui bave débile non merci pas pour moi.


La vie est changeante, mouvante, on pense savoir et puis en faite non...


Relativisons tout de même, moi aussi j'aime être heureuse. Mais on ne parle pas assez souvent des qualités de la peine. Je ne veux pas d'un bonheur qu'on me vende mais d'un que j'aurais trouvé par moi même, qui me corresponde. Pas le bonheur qu'une pub pour le café aura collé dans mon crâne.


Alors tant pis si nous devons souffrir. La mélancolie nous remet face à nous même. On se dit « à quoi bon si rien n'a de sens? »

Puis vient cette phase libératrice: « J'en ai rien à foutre de mourir sans avoir trouvé un sens à tout ça, peu importe si j'apprécie chaque instant, la caresse du soleil ou du vent. »

Pourquoi chercher du sens en dehors de nous même?


En disant ça je repense à un des cafés philos auxquelles j'avais assisté dans ma ville. On avait discuté de la théorie de l'éternelle retour de Nietzsche, théorie que j'avais aperçue déjà dans « l'insoutenable légéreté de l'être » de Milan Kundera.


J'ai trouvé un extrait du gai savoir que je souhaite partager ici:

« Le poids formidable. — Que serait-ce si, de jour ou de nuit, un démon te suivait une fois dans la plus solitaire de tes solitudes et te disait : « Cette vie, telle que tu la vis actuellement, telle que tu l'as vécue, il faudra que tu la revives encore une fois, et une quantité innombrable de fois ; et il n'y aura en elle rien de nouveau, au contraire ! il faut que chaque douleur et chaque joie, chaque pensée et chaque soupir, tout l'infiniment grand et l'infiniment petit de ta vie reviennent pour toi, et tout cela dans la même suite et le même ordre — et aussi cette araignée et ce clair de lune entre les arbres, et aussi cet instant et moi-même. L'éternel sablier de l'existence sera retourné toujours à nouveau — et toi avec lui, poussière des poussières ! » — Ne te jetterais-tu pas contre terre en grinçant des dents et ne maudirais-tu pas le démon qui parlerait ainsi ? Ou bien as-tu déjà vécu un instant prodigieux où tu lui répondrais : « Tu es un dieu, et jamais je n'ai entendu chose plus divine ! » Si cette pensée prenait de la force sur toi, tel que tu es, elle te transformerait peut-être, mais peut-être t'anéantirait-elle aussi; la question « veux-tu cela encore une fois et une quantité innombrable de fois », cette question, en tout et pour tout, pèserait sur toutes tes actions d'un poids formidable ! Ou alors combien il te faudrait aimer la vie, que tu t'aimes toi-même pour ne plus désirer autre chose que cette suprême et éternelle confirmation ! — »


Peut être que je vous soule avec tout ça, mais que voulez vous, il n'y a que avec mes amis que j'ai de rares discussions un tant soi peu remplie de réflexions, et malheureusement pour moi je n'arrive pas à construire de discours cohérent à l'oral (et même à l'écrit c'est pas toujours ça). Je compense ici.

Alors j'inonde ce blog et internet, bienvenue au 21ème siècle...